C’est quoi l’autisme ? Une campagne de sensibilisation pour briser les préjugés


À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, le CEDIAA (Centre d’Éducation Inclusive et d’Accompagnement à l’Autisme) en Haïti a lancé une campagne percutante pour informer et éduquer le public sur ce trouble neurodéveloppemental.

À travers une série d’affiches, le centre met en lumière des vérités essentielles sur l’autisme, tout en déconstruisant les idées reçues qui persistent dans la société.


L’autisme : au-delà des idées fausses


L’autisme, ou trouble du spectre de l’autisme (TSA), est souvent mal compris. Pourtant, il touche environ 1 personne sur 100 dans le monde, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Comme le souligne Mireille Dextra, enseignante spécialisée et directrice adjointe du CEDIAA, « l’autisme est un trouble qui affecte la façon de communiquer et d’interagir ».

Cette définition simple mais précise rappelle que l’autisme n’est pas une maladie, mais une condition qui influence la manière dont une personne perçoit et interagit avec le monde.


Mikaëlle Sabin, orthopédagogue et directrice du CEDIAA, ajoute une perspective essentielle : « Ce n’est pas une maladie donc on ne peut pas parler de guérison. »

Cette affirmation met fin à un préjugé tenace qui associe l’autisme à une pathologie à soigner.

Au contraire, l’autisme est une différence neurodéveloppementale qui nécessite un accompagnement adapté, et non une tentative de « normalisation ».
Démystifier les causes de l’autisme
Un autre mythe largement répandu est celui des causes de l’autisme.

Pendant des années, des théories infondées ont circulé, notamment celle liant l’autisme aux vaccins.

Mikaëlle Sabin met les choses au clair : « Ce n’est pas un trouble causé par des vaccins. »

Cette déclaration s’appuie sur de nombreuses études scientifiques, comme celles publiées par le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) et l’OMS, qui ont démontré qu’il n’existe aucun lien entre les vaccins et l’autisme.

En réalité, l’autisme a des origines complexes, impliquant des facteurs génétiques et environnementaux, mais les vaccins n’en font pas partie.
Comprendre les particularités des personnes autistes.


Les affiches du CEDIAA mettent également en lumière les particularités sensorielles des personnes autistes. « Les personnes autistes peuvent être sensibles aux bruits, aux lumières ou aux contacts », explique Mireille Dextra.

Cette hypersensibilité sensorielle peut rendre certains environnements, comme les lieux bruyants ou très lumineux, particulièrement difficiles à supporter pour une personne autiste. Comprendre ces différences est essentiel pour créer des espaces inclusifs et adaptés.


Enfin, Mikaëlle Sabin aborde un autre sujet crucial : l’impact des écrans. « Ce n’est pas la conséquence d’une exposition excessive aux écrans (télévision, téléphone, tablette, consoles de jeux…) », précise-t-elle. Si une surexposition aux écrans peut poser des problèmes de développement chez tous les enfants, elle n’est pas à l’origine de l’autisme.

Cette clarification est importante pour éviter de blâmer les parents ou les habitudes modernes.
Un appel à l’action pour une société plus inclusive.
La campagne du CEDIAA, relayée sur les réseaux sociaux (@CEDIAA_HAITI), invite chacun à s’informer et à agir pour une société plus inclusive.

En Haïti, où les ressources pour l’accompagnement des personnes autistes restent limitées, des initiatives comme celles du CEDIAA jouent un rôle crucial.

Le centre, qui se consacre à l’éducation inclusive et à l’accompagnement des familles, rappelle que la sensibilisation est la première étape vers l’acceptation et l’intégration des personnes autistes.
En cette Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, les messages du CEDIAA résonnent comme un appel à l’empathie et à la compréhension. L’autisme n’est pas une fatalité, mais une différence qui mérite d’être reconnue et respectée.

Comme le souligne le slogan de la campagne : « Ce que l’autisme n’est pas ?» – une question qui ouvre la voie à un dialogue nécessaire pour briser les stéréotypes et bâtir un avenir plus inclusif.

Stanley GABRIEL, rédacteur en chef TGP


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