25 novembre : Haïti et le monde unis contre les violences faites aux femmes

Un héritage dominicain devenu symbole mondial


Chaque 25 novembre, le monde commémore la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Cette date rappelle l’assassinat des sœurs Mirabal en République dominicaine en 1960, militantes courageuses contre la dictature de Rafael Trujillo. Leur mémoire est devenue un symbole universel de résistance et de dignité, reconnu par l’ONU en 1999.

Aujourd’hui, cette journée s’inscrit dans une lutte mondiale contre un fléau persistant : selon l’ONU, près d’une femme sur trois dans le monde a subi des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie.

La réalité haïtienne : sensibilisation et défis
En Haïti, les violences basées sur le genre demeurent une réalité quotidienne, aggravée par l’instabilité politique, la pauvreté et l’insécurité.

  • 503 cas de violences recensés par l’organisation Solidarite Fanm Ayisyèn (SOFA) entre janvier et juin 2025, soit une hausse de 85 % par rapport à la même période en 2024.
  • 7 400 cas de violences basées sur le genre signalés entre janvier et septembre 2025, dont plus de 3 700 cas de violences sexuelles. Près des 2/3 étaient des viols collectifs.
  • Deux victimes sur trois étaient des personnes déplacées, ce qui montre l’impact direct de l’insécurité et des déplacements forcés.

Pour cette journée, plusieurs organisations féministes et ONG locales ont organisé :

  • Marches et conférences dans Port-au-Prince et les grandes villes.
  • Campagnes médiatiques sur les radios et réseaux sociaux.
  • Ateliers éducatifs dans les écoles et universités.

Malgré ces efforts, les militantes rappellent que la lutte reste entravée par le manque de moyens et l’absence de politiques publiques fortes.

République dominicaine : mémoire et mobilisation
De l’autre côté de la frontière, la République dominicaine vit cette journée avec une intensité particulière. Les sœurs Mirabal, originaires de Salcedo, sont honorées chaque année par des cérémonies officielles et des hommages populaires.

  • En 2024, 61 féminicides ont été recensés dans le pays, dont 33 cas entre janvier et juin.
  • Les provinces de La Vega et Saint-Domingue ont enregistré le plus grand nombre de cas, avec 5 féminicides chacune.

Les mobilisations citoyennes dénoncent ces chiffres alarmants et appellent à des politiques plus fermes contre les violences domestiques et institutionnelles.

Caraïbe : une région en résistance
Dans la région caribéenne, la journée est marquée par des initiatives variées :

  • Jamaïque et Trinidad : concerts et événements culturels mobilisent la jeunesse.
  • Barbade : débats publics sur les politiques de protection des femmes.
  • Cuba et autres îles : forums régionaux et programmes de sensibilisation.

La Caraïbe partage un défi commun : des taux élevés de féminicides et de violences domestiques, ce qui rend la journée particulièrement significative.

Mobilisation mondiale : un combat universel
À l’échelle mondiale :

  • En 2024, 83 000 femmes et filles ont été tuées, dont plus de 50 000 par un partenaire intime ou un membre de leur famille. Cela représente 137 meurtres par jour.
  • Près de 840 millions de femmes (soit une femme sur trois) ont subi des violences conjugales ou sexuelles au cours de leur vie.
  • L’Afrique présente le taux le plus élevé de féminicides commis par un partenaire intime.

Le ruban orange, symbole de solidarité, est porté dans de nombreux pays pour rappeler l’urgence d’un monde sans violence envers les femmes.

Conclusion : un appel à l’action


La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes n’est pas seulement une commémoration. C’est un cri collectif, en Haïti, dans la Caraïbe et dans le monde, pour dire assez.

Les sœurs Mirabal ont payé de leur vie le prix de la liberté. Leur héritage nous oblige à poursuivre le combat, à renforcer les lois, à protéger les victimes et à éduquer les générations futures.

Un monde sans violence envers les femmes n’est pas une utopie : c’est une responsabilité partagée.

Sources :
ONU Femmes – Origine de la Journée internationale
ONU Femmes – Statistiques mondiales sur les violences faites aux femmes
Solidarite Fanm Ayisyèn (SOFA) – Rapport semestriel 2025
OCHA Haïti – Rapport sur les violences basées sur le genre, septembre 2025
Observatorio de Feminicidios República Dominicana – Rapport 2024
Caribbean Policy Development Centre – Études régionales sur les violences basées sur le genre
ONUDC – Rapport mondial sur les féminicides 2024

Stanley GABRIEL, rédacteur en chef  TGP


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