24 janvier : Journée internationale de l’éducation


La jeunesse au cœur de la co-création des systèmes éducatifs


Chaque 24 janvier, la communauté internationale célèbre la Journée internationale de l’éducation, une date proclamée par les Nations Unies pour rappeler le rôle fondamental de l’éducation dans le développement durable, la paix et la cohésion sociale. En 2026, l’UNESCO place cette journée sous le signe du pouvoir de la jeunesse dans la co-création de l’éducation, ce thème a été choisi pour affirmer que les jeunes ne sont pas de simples bénéficiaires des politiques éducatives, mais des acteurs essentiels du changement.


Une jeunesse nombreuse, dynamique, mais encore trop peu écoutée


Les jeunes de moins de 30 ans représentent aujourd’hui plus de la moitié de la population
mondiale. Porteurs d’innovation, de créativité et d’engagement citoyen, ils constituent un
levier majeur pour la transformation des sociétés. Pourtant, ils demeurent disproportionnellement touchés par la pauvreté, les inégalités, l’accès limité à une éducation de qualité et à des emplois décents.
Dans de nombreux contextes, leur voix reste insuffisamment prise en compte dans les
décisions qui façonnent les systèmes éducatifs, alors même que ces décisions conditionnent leur avenir et celui des générations à venir.


Co-créer l’éducation : un impératif pour des systèmes plus inclusifs


Les systèmes éducatifs sont plus solides et plus pertinents lorsque les personnes
auxquelles ils s’adressent (les jeunes et les apprenants) participent à leur conception. La co-création favorise une meilleure adéquation entre les contenus d’enseignement, les réalités sociales et les aspirations des apprenants.
L’UNESCO rappelle que les jeunes doivent être reconnus non seulement comme des
observateurs, mais comme de véritables partenaires et co-concepteurs du changement, à tous les niveaux : dans les écoles, au sein des politiques nationales et dans les programmes de coopération internationale pour le développement.


Haïti : co-créer l’éducation dans un contexte d’urgence


À l’image de nombreux pays où les jeunes réclament une place plus active dans la
construction des systèmes éducatifs, Haïti fait face à des défis particulièrement complexes,
où l’accès à l’éducation se heurte à une crise sécuritaire persistante. Dans un pays où la
jeunesse constitue la majorité de la population, la Journée internationale de l’éducation 2026 met en lumière l’urgence de penser et de construire l’éducation avec les jeunes, au plus près de leurs réalités.

Selon l’UNICEF, plus de 1,2 million d’enfants et d’enseignants ont aujourd’hui un besoin urgent de soutien éducatif et de conditions d’apprentissage sécurisées.

En 2024, le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) a signalé la fermeture de 919 écoles, soit une
augmentation de plus de 20 % par rapport à 2023, perturbant la scolarité de plus de 300 000 enfants, principalement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et dans plusieurs zones récemment touchées par la violence armée.


Malgré ce contexte d’insécurité, l’attachement des familles et des enfants à l’école demeure
fort : plus de 2 millions d’enfants sont en âge ou en situation de rentrée scolaire. Toutefois,
un sondage U-Report de l’UNICEF, mené auprès de plus de 3 000 jeunes, indique que la
moitié d’entre eux considèrent l’insécurité comme l’un des principaux obstacles à leur retour en classe. Ces données rappellent que la co-création de l’éducation en Haïti ne peut se limiter aux contenus pédagogiques : elle doit également intégrer les préoccupations
exprimées par les jeunes, notamment en matière de sécurité, de protection et de continuité des apprentissages.


Dans ce contexte, donner la parole à la jeunesse haïtienne, renforcer sa participation aux décisions éducatives et soutenir les initiatives locales apparaît comme une condition essentielle pour bâtir un système éducatif plus résilient, inclusif et porteur d’avenir.


Donner la parole aux jeunes : l’engagement de l’UNESCO


En tant qu’agence des Nations Unies chef de file pour l’éducation, l’UNESCO œuvre
activement pour placer les jeunes au cœur des instances de décision. Elle les associe
notamment aux travaux du Comité directeur de haut niveau pour l’Objectif de
développement durable 4 (ODD 4) et aux consultations mondiales sur l’avenir de l’éducation au-delà de 2030.


À travers des réseaux tels que le Réseau des jeunes et des étudiants pour l’ODD 4, le
Réseau des écoles associées de l’UNESCO, la Communauté mondiale des jeunes ou encore le Réseau des jeunes pour l’action climatique, l’Organisation amplifie la voix des jeunes et renforce leur rôle en tant que leaders et acteurs du changement, y compris dans les contextes de crise.


Une journée ouverte sur l’avenir


La Journée internationale de l’éducation 2026 est marquée par un événement hybride
organisé le 23 janvier 2026 au siège de l’UNESCO.
À cette occasion, l’Organisation publie une nouvelle étude du Rapport mondial de suivi sur l’éducation, réalisée en collaboration avec le Bureau des Nations Unies pour la jeunesse,
évaluant la participation des élèves et des jeunes dans l’élaboration des lois et des
politiques éducatives.


Plus qu’une célébration, cette journée se veut un appel à l’action :
Les politiques éducatives doivent être élaborées avec les jeunes, et non uniquement pour les jeunes.

Investir dans la jeunesse, c’est investir dans l’avenir de l’éducation, en Haïti comme dans le monde.


Sources:
UNESCO Journée internationale de l’éducation
Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM Report)
UNICEF Haïti Communiqué de presse, 2 octobre 2024
Bureau des Nations Unies pour la jeunesse


Kettia Bourgonne ,  rédactrice de TGP


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